L’homme a commencé à modifier la structure moléculaire de son alimentation en se sédentarisant et en devenant éleveur et cultivateur. Puis, l’industrie agro-alimentaire a remplacé les paysans et les éleveurs par des ingénieurs agronomes explique une nutritionniste.

Aujourd’hui, notre alimentation contient des molécules nouvelles auxquelles notre organisme n’a pas eu le temps de s’adapter donc il ne sait pas les digérer. C’est ce qui explique le nombre grandissant d’intolérances et d’allergies alimentaires.

Explication d’une nutritionniste:

L’intolérance aux laits des animaux

Il existe 3 types d’intolérance : l’intolérance au lactose, l’allergie immédiate et l’allergie retardée

L’intolérance au lactose

Le lactose est issu de l’union d’une molécule de galactose et d’une molécule de glucose. Il est digéré par une enzyme intestinale : la lactase. Si cette enzyme est présente pendant la phase de croissance de l’enfant, elle se raréfie avec l’âge pour disparaitre complètement à l’âge adulte. Seuls les caucasiens que nous sommes possèdent de la lactase, les asiatiques par exemple n’en possèdent pas.

Cette déficience en lactase provoque des symptômes digestifs douloureux lors de l’absorption du lait d’où une commercialisation de lait à teneur réduite en lactose.

L’allergie immédiate

On la diagnostique par un prélèvement sanguin. C’est une réaction immédiate de rejet immunitaire de la protéine de lait (souvent héréditaire). Elle est responsable de poussées d’eczéma, d’allergies respiratoires ou ORL. Dans ce cas, l’éviction est le meilleur remède.

L’allergie retardée

Elle correspond à une réaction immunitaire avec fabrication d’anticorps dits de « surface ». Ces anticorps correspondent à une non-reconnaissance de la protéine de lait. Cette protéine n’est pas reconnue car elle a été transformée par l’industrie agro-alimentaire.

Les transformations les plus courantes du lait sont :

  • le procédé UHT (ultra haute température) pendant lequel on expose le lait à de la vapeur d’eau pendant 2 à 3 minutes. Si ce procédé permet une meilleure conservation, il modifie aussi la protéine originale
  • le « cracking » qui est la séparation du lactose en lipides et protéines. On confectionne ensuite un lait nouveau en ajoutant des oligo-éléments et des acide gras

De plus, le nouveau mode d’alimentation des vaches avec des hormones, des antibiotiques… accentue encore ce phénomène. L’organisme ne peut pas reconnaître la protéine du lait modifiée. On parle alors d’encrassage : l’intestin est inflammé et devient perméable. Ce qui engendre divers maux : acné, migraines, constipation ou diarrhée, tendinites, infections ORL ou urinaires à répétition, fatigue chronique..

L’exclusion du lait est la solution principale en cas d’allergie immédiate. Pour corriger la perméabilité intestinale, on exclut en général tout lait animal pendant au moins 6 mois. On aide également l’organisme grâce à des probiotiques et en adoptant une alimentation anti inflammatoire basée sur le “régime Crétois et Okinawa. Seulement ensuite, on peut essayer de réintroduire progressivement le lait de chèvre et brebis.

Explications d’une nutritionniste : L’intolérance au gluten

Comme nous l’avons vu dans l’introduction au « sans gluten », le blé que nous utilisons actuellement contient 2 à 4 fois plus de gluten qu’il y a 60 ans. Sa molécule a été profondément modifiée pour un meilleur rendement, une meilleure résistance aux maladies, une productivité plus importante.

Notre système digestif quant à lui n’a pas pu s’adapter aussi rapidement et développe souvent une hypersensibilité alimentaire. Cette intolérance au gluten donne souvent des symptômes atypiques comme des migraines, de l’acné, de l’insomnie, de la fatigue, de la dépression, de l’anxiété, des douleurs musculaires ou articulaires… La réforme de l’alimentation notamment en adoptant une alimentation anti inflammatoire permet de diminuer ces risques et évite une évolution vers des formes plus graves.

Ces pathologies peuvent malheureusement évoluer vers des pathologies bien plus lourdes, comme la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn, la sclérose en plaque… Cependant, l’intolérance au gluten est à bien distinguer de l’allergie ou maladie cœliaque.

La maladie cœliaque expliquée par une nutritionniste

C’est une maladie chronique intestinale auto-immune (d’auto destruction par production d’anticorps contre soi-même). Lors de l’absorption d’aliments contenant du gluten, les personnes concernées réagissent à la présence de la gliadine, protéine du gluten, en produisant divers anticorps.

A terme, cette réaction auto-immune anormale cause des lésions de la paroi intérieure de l’intestin (des villosités de la paroi intestinale), avec deux conséquences principales :

  • la digestion est altérée
  • l’organisme assimile moins bien la majorité des nutriments (protéines, graisses…), minéraux et vitamines (fer, calcium, vitamine D, vitamine B9 ou acide folique…)