Le Nutri-Score est-il fiable ? 5 exemples surprenants

Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel simplifié qui aide à comparer les qualités nutritionnelles des aliments. Mais une bonne note signifie-t-elle forcément qu’un aliment est sain ? En faisant mes courses, j’ai été surprise par cinq produits de grande distribution affichant un Nutri-Score B : une pizza, un couscous merguez, un bouillon de poule, un nectar d’orange et des raviolis au bœuf. Sur le papier, leur note semble rassurante. Pourtant, lorsque l’on regarde de plus près, la naturopathe que je suis a bien des choses à dire. Décryptons la fiabilité du Nutri-Score dans cet article afin d’aiguiser votre regard critique.

Comprendre le Nutri-Score

L’objectif du Nutri-Score est avant tout d’évaluer la qualité nutritionnelle d’un aliment en tenant compte notamment de sa teneur en sucres, en sel, en fibres, en protéines et en matières grasses. Le Nutri-Score est calculé sur 100g ou 100ml de produit. Il donne une note de A à E (accompagnée d’un code couleur) en évaluant les éléments favorables et défavorables dans chaque catégorie d’aliments.

Les éléments défavorables (augmentent le score vers E)

  • Sucres : en excès, ils augmentent le risque de diabète et de prise de poids.
  • Graisses saturées : associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires.
  • Sel (sodium) : trop de sel peut entraîner une hypertension et des problèmes rénaux.
  • Calories : une forte densité calorique est souvent liée à des aliments transformés peu nourrissants.

Les éléments favorables (améliorent le score vers A)

  • Fibres : bénéfiques pour la digestion et la santé intestinale.
  • Protéines : importantes pour la réparation et le maintien des tissus.
  • Fruits, légumes et légumineuses : riches en vitamines, minéraux et anti-oxydants, et faibles en calories.

Les origines du Nutri-Score

Le Nutri-Score a été développé en France en 2009 sous l’impulsion du gouvernement, des chercheurs et chercheuses en nutrition, notamment du Professeur Serge Hercberg, spécialiste en épidémiologie nutritionnelle et président du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ils et elles se sont appuyé.e.s sur le modèle de score nutritionnel de Rayner, mis au point par l’Université d’Oxford au Royaume-Uni.

Ce n’est qu’en 2017 que le gouvernement français recommande officiellement le Nutri-Score. Son adoption par les marques est volontaire, c’est à dire que les industriels n’ont aucune obligation de le mentionner sur leurs produits. D’autres pays européens comme la Belgique, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays-Bas et le Luxembourg ont également adopté le Nutri-Score.

La réforme de 2025

En 2025, les chercheurs ont modifié les algorithmes afin de pénaliser davantage les produits trop sucrés, salés ou riches en acides gras saturés et de valoriser les aliments riches en fibres, protéines et oméga-3. Par exemple, les poissons gras, les huiles végétales comme l’huile d’olive ou de colza sont maintenant notées B au lieu de C ou D. Cette réforme rend le Nutri-Score plus strict et a contraint des industriels à modifier les recettes de certains produits.

Certains industriels jugent même le Nutri-Score trop contraignant et l’ont abandonné. Par exemple, le groupe Danone a annoncé dès 2024 retirer le Nutri-Score de plusieurs produits laitiers à boire (notamment Actimel, Activia à boire) car le nouvel algorithme les classe comme des boissons1. Leurs notes se sont ainsi dégradées (par exemple de B vers D ou E pour certains produits sucrés). Danone estime que cette nouvelle méthode ne reflète pas correctement la qualité nutritionnelle de ses produits.

Les limites du Nutri-Score

Le Nutri-Score renseigne uniquement sur la qualité nutritionnelle des aliments et n’intègre pas dans son calcul les autres dimensions : ultra-transformation, présence d’additifs, de composés néo-transformés ou de résidus de pesticides. La raison en est simple : il n’est pas possible, à ce jour avec les données scientifiques disponibles, de prendre en compte et pondérer ces dimensions dans le calcul d’un indicateur unique.

D’autre part, le Nutri-Score raisonne sur 100g de produit et non sur une portion, ce qui peut-être trompeur pour le consommateur. En effet, dans les produits cités ci-dessous, on consomme facilement 200g ou 300g ce qui multiplie les quantités de sel ou de sucre par rapport aux indications du Nutri-Score. Une portion contient alors parfois la moitié des besoins journaliers recommandés, ce qui est beaucoup trop.

5 aliments qui font mentir le Nutri-Score

Je vous propose de regarder plus en détail cinq aliments de consommation courante notés A ou B au Nutri-Score. Si nous nous référons au Nutri-Score, ce sont des produits corrects et donc bons pour la santé. Consommés occasionnellement pourquoi pas. Mais en tant que naturopathe, je conseille d’éviter ce genre de produits au quotidien et de les réserver à un dépannage occasionnel.

1. Pizza Regina Nutri-Score B

Cette pizza Regina est bien classée dans la catégorie des pizzas industrielles car elle est assez riche en protéines avec le jambon. Une pizza 4 fromages de la même marque obtient un Nutri-Score D car elle contient trop de graisses saturées.

Mais si on regarde plus en détail notre pizza notée B, une portion couvre plus que la moitié de la quantité de sel recommandée (2,6g alors que les recommandation sont de 5g/jour). Cette pizza comprend également des nitrites de sodium, un composé chimique inorganique utilisé comme conservateur alimentaire (E250). Ils sont critiqués pour leurs potentiels risques pour la santé, comme la formation de nitrosamines cancérigène.

De plus, les indications nutritionnelles sont données pour 200g alors que tout bon mangeur consommera une pizza entière.

Si vous êtes adepte des pizzas, consommez des pizzas industrielles de façon occasionnelle, accompagnée d’une salade de crudités. Dès que possible, préférez une pizza maison que vous garnissez de tomates fraîches, de légumes, d’un œuf et d’herbes aromatiques. Et pourquoi pas une pâte à base de légumes pour un repas plus léger et riche en fibres. Laissez-vous inspirer par mes recettes ci-dessous.

Mini pizzas aux aubergines

Pour un apéritif entre amis, en entrée ou pour un plat principal accompagné d’un féculent, ces pizzas vont étonner vos convives

2. Couscous merguez Nutri-Score A

J’ai trouvé également dans les rayons du supermarché ce produit. J’étais très étonnée de voir la lettre A apposée dessus car les plats préparés sont considérés comme des aliments ultra-transformés.

Lorsque l’on regarde de près la composition, il n’y a rien de catastrophique. Cependant, la part de légumes est limitée. Les légumes sont présents, mais la semoule, l’eau et les viandes occupent une place importante. La densité en légumes est inférieure à celle d’un couscous préparé à la maison.

Le plat apporte seulement 3 à 6g de fibres, ce qui est modeste. Une portion couvre une partie des besoins journaliers en fibres, mais reste inférieure à ce qu’apporterait un couscous maison plus riche en légumes et en pois chiches. De plus, la merguez est une charcuterie riche en sel et parfois en graisses saturées. Même si elle ne représente qu’une faible proportion du plat (environ 8 %), sa consommation est à limiter au quotidien.

Atelier – Les fausses idées sur les graisses

Venez vous réconcilier avec le gras ! Enfin, le bon gras. On a répété pendant des années que les graisses étaient mauvaises pour la santé et qu’il fallait les supprimer pour perdre du poids. Pourtant, la réalité est bien plus nuancée et notre corps a absolument besoin de graisses de bonne qualité. On décrypte tout ça dans cet atelier, avec des faits scientifiques, des conseils concrets et de bonnes habitudes alimentaires.

  • Lundi 22 juin de 20h à 21h45
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3. Raviolis pur boeuf Nutri-Score B

Ces raviolis à la viande de bœuf sont notés B. Malgré l’appellation « pur bœuf », la viande représente seulement 7,5 % du produit (farce + sauce). Ainsi, la quantité de protéines est trop faible pour un plat principal.

Le plat est principalement constitué de pâte et de sauce tomate (glucides). D’autre part, ce produit est trop riche en sel et en sucre. Une portion apporte 3.3g de sel alors que les quantités recommandées par jour sont de 5g. On remarque aussi que le sucre fait partie de la liste des ingrédients et la quantité totale de sucres n’est pas négligeable pour un plat de pâtes.

Ce produit est aussi ultra-transformé : on y retrouve de l’amidon modifié, des arômes et autres acidifiants, fréquents dans les conserves de plats cuisinés.

Donc malgré son Nutri Score B, cet aliment n’est pas intéressant nutritionnellement. Préférez des pâtes sèches dans lesquelles vous mélangez un concassé de tomates (sans sucre) et de la viande.

4. Nectar d’orange Nutri-Score B

Les jus de fruits sont les ennemis du petit-déjeuner car ils nous donnent l’impression de donner de bons éléments à notre corps avec des fruits et des vitamines. Mais le jus nous prive des fibres des fruits, ce qui augmente l’indice glycémique par rapport à un fruit entier.

Ce nectar Bio sans sucre ajouté a obtenu un Nutri Score B. Lorsque l’on regarde de près la composition, on se rend compte qu’un petit verre (150 ml) contient 11g de sucre, soit l’équivalent de plus de 2 carrés de sucre et très peu de fibres. Une telle boisson prise le matin à jeun, fait monter très rapidement la glycémie et peut à long terme provoquer des coups de fatigue et dérégler le mécanisme des glucides.

Il est préférable de consommer un fruit entier afin de conserver les fibres, le mastiquer et diminuer ainsi son index glycémique.

5. Bouillon de poule Nutri-Score B

Faites-vous partie des nombreuses personnes qui utilisent des bouillons tous les jours pour faire cuire leurs aliments ? Si c’est le cas, lisez bien ce qui suit. Ce bouillon de poule d’une marque très connue a obtenu une note B.

Pourtant, les deux premiers ingrédients sont du sel et de l’huile palme. L’huile de palme contient environ 50 % de graisses saturées, principalement de l’acide palmitique. Lorsque l’huile de palme est raffinée à haute température, elle peut contenir des contaminants comme : les esters de glycidol et les esters de 3-MCPD. Certains de ces composés ont montré des effets toxiques lors de consommation régulière. Le glycidol est considéré comme potentiellement cancérogène.

Bien entendu, quand on dilue un cube de bouillon dans une casserole d’eau, les quantités de bouillon consommées sont faibles. Mais en tant que naturopathe, je déconseille cette habitude au quotidien. Les bouillons modifient notre perception du goût. Ils nous habituent à des saveurs salées et chimiques. Je vous conseille plutôt d’utiliser des épices, des herbes aromatiques qui apportent des anti-oxydants, limitent la consommation de sel et sont bénéfiques à notre santé.

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Dans cet atelier, je décrypte les différentes phases de la ménopause et je vous indique toutes les actions à mettre en place au quotidien pour mieux la vivre.

  • Mercredi 17 juin de 19h à 21h
  • Le Bar Radis, 15 rue Gustave Flaubert, Grenoble (38)

Ma conclusion de naturopathe à Grenoble

Le Nutri-Score est un repère utile pour comparer rapidement des produits, mais il ne suffit pas à évaluer leur qualité globale. Comme je l’ai montré avec ces cinq aliments, le Nutri-Score ne tient pas compte du degré de transformation des aliments : des aliments ultra-transformés peuvent obtenir une note A ou B. Il n’évalue pas la qualité des produits utilisés : origine, culture biologique, raffinage… Le Nutri-Score n’évalue pas non plus les quantités de micro-nutriments. Il peut donner l’impression qu’un produit industriel noté A ou B est un « aliment santé », alors qu’il reste souvent riche en sel, pauvre en fibres ou très transformé.

Je ne peux que vous conseiller de limiter l’achat et la consommation de ces produis. Si vous manquez de temps ou si vous n’aimez pas cuisiner, il est plus intéressant d’acheter des aliments bruts surgelés et de les assembler. Et pour ne plus jamais manquer d’idées pour vos repas de la semaine, découvrez mes menus hebdomadaires avec des recettes gourmandes et faciles qui favorisent une alimentation anti-inflammatoire.

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